Biographie

Le travail de Daniel Authouart se situe dans la mouvance d'artistes qui, au détour des années 70, provoqués par la contemporanéité du travail des Pop-Artistes américains, éprouvèrent la nécessité de proposer une nouvelle forme de peinture narrative.
Comment un peintre, avec son crayon et son pinceau, pouvait-il offrir un témoignage original sur son temps alors que d'innombrables machines à images commençaient de submerger le monde ?
Pour répondre à cette question, les artistes essayèrent de présenter une lecture pertinente du monde qui les entourait. Les uns privilégiant une couleur (Monory, Velickovic), d'autres en isolant des signes de notre civilisation (Klasen, Raynaud), d'autres encore en utilisant la presse en abîme (Le Gac, Rancillac)...
Daniel Authouart, lui, a choisi de "peindre son temps comme on écrit un journal" :
les personnages, les décors et les objets sont notés (croqués) sur des carnets au jour le jour. On les retrouve, mis en scène, dans les tableaux pour devenir le sujet d'une réflexion, l'expression d'un fantasme individuel ou collectif, ou simple polaroïd d'une "chose vue". Les mots sont remplacés par des images ...

Daniel AUTHOUART naît le 17 septembre 1943 à Lillebonne - Normandie.
1953 : il s'installe avec sa mère, à Rouen, dans le quartier Martainville. À cette époque, c’est l’endroit le plus mal fréquenté de la ville.

Rouen est devenu un immense champ de ruines qui commence à peine à se relever des bombardements alliés de 1944.
C’est dans ce décor surréaliste que le jeune Daniel joue avec ses copains d’école, s’inspirant des scènes de films que les cinémas du quartier programment. Ces premiers films en couleur venus d’Outre-Atlantique transportent avec eux la «légende américaine».
À 14 ans, Daniel Authouart quitte l’école.
 Il dessine, peint et découvre l'oeuvre de Toulouse-Lautrec "Au Moulin Rouge".
Pour l’adolescent, dont la culture se limitait au cinéma et à la bande dessinée, c’est la révélation, le style de Toulouse-Lautrec l’attire naturellement. L’œuvre de Toulouse-Lautrec sera sa porte d’entrée dans le monde de l’art. 
Entré aux Beaux-Arts de Rouen à 16 ans, Daniel Authouart y étudie successivement la peinture, l’architecture intérieure et la publicité, obtenant les diplômes dans ces différentes disciplines.
Parallèlement à la poursuite de ses études, il travaille dans des cabinets d’architecture intérieure et de publicité, sans cesser de peindre.
Devenu professeur de dessin dans les collèges, l’Education nationale l'envoie à l'E.N.N.A. . En septembre 1972, il y rencontre Geneviève, une jeune artiste qui l’encourage à se consacrer à la peinture.
L'inscription de Daniel Authouart, en janvier 1974 à la "Maison des Artistes" témoigne de sa décision de se consacrer exclusivement à la peinture. 

1980 : Alain Matarasso, directeur de la Galerie du Centre à Paris, présente le tableau "To Paint or not to Paint" de Daniel Authouart à la FIAC  - Grand Palais Paris. C'est le point de départ d'une longue collaboration entre l'artiste et son marchand.
1983 : premier séjour aux USA avec Alain Matarasso qui présente pour la première fois son travail à New York.

"Une question existentielle était posée par Daniel Authouart en 1980 avec le tableau intitulé To paint or not to paint ?, aussitôt présenté à la FIAC par Alain Matarasso, qui allait devenir le principal marchand et l’ami du peintre jusqu’à aujourd’hui. On voyait, devant un tableau accroché à un mur graffité, un peintre diriger contre sa tempe, tel un revolver, un pinceau chargé de couleur rouge. À ses pieds, un exemplaire d’un journal d’alors, Le Quotidien, dont la une était barrée par un énorme titre : Alerte ! Si le tableau était bien conforme au monde, avec son « pédalo de guerre » lâché dans une piscine garnie de baigneurs plus ou moins abrutis, fallait-il en effet le raconter, ce monde dérisoire ? Il n’y aura de réponse que trente trois ans plus tard, au terme d’un approfondissement progressif de la question, la conduisant jusqu’à une sorte de vertige, principalement à travers trois tableaux : A new world (2009), An…other world (2013) et Vertigo (2014)."
J.L.Chalumeau (historien d'art)

1983 - Daniel Authouart conçoit et réalise les affiches et le décor du concert en plein air d'Eddy Mitchell sur le port du Havre.
1984 - première rétrospective, Maison du Festival - Rouen. 
               Conception et réalisation du décor de théâtre pour la pièce "La station service" de Gildas Bourdet.
1986 - rétrospective, Maison de la culture, espace O.Niemeyer - Le Havre.
               Conception et réalisation de la reliure pour les manuscrits de Flaubert Bouvard et Pécuchet, Bibliothèque de Rouen.
1989 - Janet Jackson reçoit Daniel Authouart à Los Angeles pour une  commande d'un tableau-projet d'illustration de son CD.
         - Rétrospective AUTHOUART Carré des arts-Parc floral de Paris, organisée par la Mairie de Paris.
2000 - Rétrospectives au Musée de Saintes, puis à la Corderie Royale à Rochefort et au Musée des Beaux-Arts de Cognac.
2003 - Rétrospective "Le grand canyon du supermarché des images", Palais Bénédictine à Fécamp.
           Christophe Guyomard accompagne Daniel Authouart à New York pour réaliser le film "Authouart, le Français d'Amérique".
2012 - Exposition AUTHOUART "Une rétrospective 2002 - 2012", Centre d'art contemporain de la Matmut.
2013 - Expositions personnelles "Now and Ever" et "Window-Vertigo"
2014 - Expositions personnelles "Vertigo" et "La toile blanche"
2015 - Expositions personnelles "La collection d'un amateur", "Le Rêve de l'escalier" et "Regard de l'instant...du temps"
2016 - Solo Show "Out Of Order" à Art Elysées Paris du 20-24 octobre,
               Exposition personnelle "Out Of Order", Galerie du Centre 76004 Paris du 3 novembre au 23 décembre 2016
2017 - Exposition personnelle "EXIT, oeuvres récentes"

"Depuis la fin de la guerre, New York est devenue une des places majeures de la production artistique. Jean Hélion, Joseph Beuys y ont acquis une notoriété que l’Europe leur refusait. C’est aussi à New York que sont nées des écoles abstraites ou figuratives contemporaines (expressionnisme abstrait, Pop art, figuration narrative). Authouart rend hommage à tous ces précurseurs, il en est l’héritier sans en être le disciple." (Belin Histoire des arts classe de 3ème)

"ll fut le premier.
Je cherchais des artistes pour la FIAC 1980. Un ami sculpteur me l’a présenté.
Quelques photos de son travail suffirent à totalement me convaincre. Cependant, il a ajouté : « Vous savez, je n’ai quasiment rien à vendre. De fait, je n’ai montré sur le stand que deux de ses toiles dont une vendue auparavant.
Aussi attrayantes que fussent ses oeuvres, j’ai tout de suite compris qu’à le défendre je prenais un gros risque. L’art officiel de l’époque (et encore celui d’aujourd’hui) refusait d’admettre qu’un art très graphique ayant quelques liens avec la bande dessinée pouvait être considéré comme majeur.
En ces années-là, me rendant souvent aux Etats Unis, je l’ai encouragé à m’accompagner. Il vint avec moi en 1983.Ce voyage lui fut une révélation et modifia sûrement son parcours. Par la suite, il y retourna régulièrement, le rythme trépidant de ce continent lui étant nécessaire. Cette expérience commune sur le territoire américain a  lié nos destins de manière certaine.
Je me suis souvent demandé pourquoi son travail avait autant d’impact. Par une fabuleuse technique c’est vrai, mais surtout par l’extrême foisonnement d’idées, d’images…nous donnant l’illusion qu’il a tout embrassé et rien omis. Il nous fascine parce que cela paraît titanesque et surhumain.
Ne l’appelle-t’on pas « l’archéologue » de notre société contemporaine pour son aptitude à saisir tout ce qui nous entoure.
Je suis convaincu qu’il laissera à n’en pas douter sa trace dans l’Histoire de l’Art. Cela a été une grande fierté de le défendre depuis 35 ans. Cela en est une bien plus grande pour le futur."
Alain Matarasso, directeur Galerie du Centre

"He was the first.
At the time, I was looking for new artists for FIAC, and was introduced to him by a sculptor friend of mine. A few photos were enough to totally convince me. But he said « I have more or less nothing to sell ». Actually I displayed only two painting on the booth, one of which was already sold ! As appealing as the work was, I knew from the start that I was taking a risk in promoting him. At the time (and still today to some extent) the art establishment didn’t want to recognise work associated with comics as real art.
In the early 80’s I frequently went to the US and in 1983 persuaded him to come with me. This trip was certainly a shock to him, and changed his life. Afterwards he went there regularly, enjoying the fast pace of American life. This experience that we shared is the key to our long friendship. I have often wondered why his work has had so much impact on art lovers. He has a great technique certainly, but also and mainly, it is through the multiplicity of his ideas and images, which give us the feeling that he has covered all the bases, a complete vision which encompasses everything, a seemingly impossible task. Isn’t this why he is called the ‘archeologist’ of contemporary society – for his ability to catch every aspect of the world around us.
Without any doubt he will leave his mark on the history of art. I have been very proud to promote him for 35 years and look forward to many years to come.
Alain Matarasso

"À l'instar de Toulouse-Lautrec, son maître à penser, Daniel Authouart a toujours voulu coucher sur le papier tout ce qu'il pouvait dessiner. Depuis 1957, ces dessins quotidiens sont le reflet de nombreux témoignages qui donnent lieu à une réflexion sur ses contemporains qu'il immortalise sur de très grandes toiles. Telle a toujours été sa manière de fonctionner. Depuis les années 1970, un grand nombre de ses œuvres a laissé des traces indélébiles : - Tango (1974) ou le désarroi de la vie, La Lecture de Mickey (1982) ou la presse bourrage de crâne, Le Mec branché (1981) ou l'anticipation de la naissance d'Internet, To paint or not to paint (1980) ou l'Islam s'implantant en occident, The show must go on (2006), I have a dream (2006), Manhattan crash (2008), A New World (2009), A crazy world (2010-2012) et I, Barack do solemnly swear (2012) ou un monde livré à lui-même, entre autres... Aujourd'hui, la toile The last cow boy (2013) veut laisser la trace d'une Amérique qui disparaît à jamais, celle du Far West, de l'Aventure et de la quête sans calcul. The last cow boy n'est qu'une étape dans le travail de l'artiste face à l'évolution du monde, cet autre monde " .
Alain Matarasso